Les Jeunes Communistes de Rouen ont souhaité
intervenir lors du conseil d'agglomération où de nombreuses délibérations avaient lieu sur le transport. Laurent Fabius, Président de la Communauté d'Agglomération, a refusé. Voici l'intervention
que nous voulions faire:
La campagne que nous avons lancé le 1er novembre à l’occasion d’un débat organisé à la Fête de l’Humanité Normandie nous a permis de récolter à ce jour plus de 4000 pétitions en faveur de la gratuité des transports. Un bon nombre d’initiatives ont été menées dans ce sens. Partout où nous sommes allés, à la rencontre des habitants de l’agglomération de Rouen, nous avons reçu des encouragements et des témoignages d’amitié.
Dans quel contexte menons-nous cette campagne ?
Il y a quelque chose de pourri au royaume capitaliste. La crise des jeunes, leur mal vivre est sans précédent. Nous sommes la génération qui allons vivre moins bien que celle de nos parents. Le sens de l’Histoire comme progression des conditions de vie est brisé. C’est pour nous une période de régression qui s’annonce. Petit boulot, mal logement, discrimination, etc, sont d’autant de coups portés à nos vies, auxquelles s’ajoute la perte progressive du pouvoir d’achat ainsi qu'une précarité grandissante avec son lot de mal vivre et d’aliénation.
Depuis 2002, la jeunesse a été une des principales cibles de la droite au pouvoir (Contrat jeune, LMD, loi Fillon, CPE, LRU, réformes des lycées, répression, etc.). Une des logiques poursuivies par toutes ces réformes : précariser les jeunes au maximum, les préparer à accepter le système capitaliste dans sa version néolibérale.
Heureusement, si les jeunes sont parmi les plus touchés par la politique libérale, ils sont aussi ceux qui ont marqué le plus leur résistance à ce projet.
La jeunesse est une période de formation de la personnalité d’un individu. C’est une période où l’on essaie des choses, on se trompe, construit des projets. La jeunesse, c’est aussi une nouvelle génération qui entre en société, avec ses propres aspirations, son propre vécu. Elle a constitué par le passé, et continuera dans l’avenir à être ce groupe social qui, plus que les autres, renouvelle la société. Il faut donner les moyens aux jeunes d’inventer ce qu'ils seront demain, et quelle société ils veulent construire.
Pourquoi le transport gratuit ?
Le transport gratuit répond à des exigences sociales, écologiques et démocratiques.
Pour des raisons sociales
Le transport est vital pour les cours, le travail et les loisirs. Or avec l’augmentation du prix de l’essence, ce sont bien les plus défavorisés qui sont obligés d’utiliser le transport collectif. Comment faire alors si le prix du ticket est lui aussi trop élevé ?
Pour des raisons écologiques
Encourager le transport gratuit signifie encourager les citoyens à utiliser plus les transports en communs et moins leurs voitures. Ce qui signifie bien sûr moins de pollution.
En rapport avec vos objectifs de budget 2009 qui sont : le développement durable, la solidarité et l’attractivité économique : Nous pensons que le transport gratuit rentre parfaitement dans ce cadre.
Pour développer le transport collectif rouennais
La moyenne de voyage par an et par habitant est de 80 voyages. Très faible par rapport à d’autres aires urbaines d’une taille équivalente comme Montpellier ou Rennes qui dépassent le seuil des 130 voyages.
Comment ?
Par la mise en place d’un service public du transport
Le public finance déjà à hauteur de 73% la TCAR et pourtant nous sommes toujours dans le cadre d’une délégation de service public. Or la Chambre Régional des Comptes a critiqué la gestion financière de l’entreprise, il est temps que le public reprenne en charge le transport en régie directe.
Le financement
Par le biais d’un financement des entreprises en augmentant la taxe versement transport qui dans le cadre du Grenelle de l’Environnement sera augmentée.
Une volonté politique. Partout, nous voyons des travaux sur les routes pour améliorer le service. Mais cela favorise le transport individuel, une partie de ce budget doit être redirigé vers le transport collectif et pour la gratuité et le développement du réseau.
Économie sur l’impression des tickets et les bornes électroniques.
La gratuité a déjà été instauré dans d’autres agglomérations :
Châteauroux
Augmentation de la fréquentation de 72% en un an. Cela met caduque l’argument qui vise à dire que la gratuité n’aurait aucun lien avec une possible augmentation de la fréquentation.
Aubagne, dirigé par le PCF
Gratuité instauré dans cette agglomération de 100000 habitants. De plus, un autre projet à plus grande échelle est en cours. La Présidence de l’agglomération souhaite instaurer la gratuité pour la liaison entre Aubagne et Marseille en tramway. C’est un plus grand projet qui coûtera plus cher mais qui prouve que lorsque la volonté politique est là, tout devient possible.
Enfin, Monsieur le Président, ces 4000 signatures attestent que le transport gratuit est une réelle attente et une forte revendication de la part de nos concitoyens. Et nous ne nous arrêterons pas à ces 4000 signatures, nous continuerons ce combat autant de temps qu’il faudra pour que cette revendication soit enfin entendue.
Monsieur le Président, vous ne pouvez pas balayer cette revendication en disant qu’elle coûte 18 millions d’euros et donc qu’on en parle plus. Vous savez très bien que les moyens de financement sont possibles mais que cela dépend d’une volonté politique.
C’est pour cela que nous vous demandons, Monsieur, ainsi que tous les élus qui siègent en ce conseil, votre position sur la gratuité des transports.